BABEL

Cela doit être quelque part dans un désert moyen-oriental, où la mort rôde dans le ciel au ras des puits de pétrole. Un gars essayait de gagner sa vie et, maintenant, il agonise sur le sable : « J'voulais qu'ma vie ait un sens / Et j'crève pour qu'on roule à l'essence / Ils l'auront pas au Paradis / Tout l'or noir au fond du puits / Ma grenade dégoupillée / Va tous les éparpiller / Le drapeau et les grands chefs / Le pétrole et les bénefs ».
Faisant se frotter deux langues – et encore plus de réalités opposées –, il maudit avec ferveur : « God bless you / God bless you / Que Dieu vous blesse ».
Dans Bless(e) You de Babel on entend l’ampleur des inspirations de Ferré ou de Thiéfaine, la hargne navrée d’IAM, le sens romanesque de Dionysos, l’attention au monde de Lavilliers ou de Tryo…
Babel dompte le plein air, le public debout, les lieux rock tout ébahis de découvrir cette pulsion, si féroce sans faire entendre les distorsions et les saturations des groupes à grosse guitare. Ainsi se fixe le répertoire longtemps poli sur scène – comme leur très remarqué Marianne, qui réveille la République. Ils y ajoutent leur reprise de La Valse à mille temps de Jacques Brel, déclaration d’amour grave et allègre pour Paris – le Paris meurtri de novembre, le Paris radieux de toujours. Ce choix, d’ailleurs, n’est pas une anecdote : Babel prend à bras-le corps le monde tel qu’il est, c'est-à-dire tel qu’il doit se reconstruire chaque jour. Babel, donc.

Cela doit être quelque part dans un désert moyen-oriental, où la mort rôde dans le ciel au ras des puits de pétrole. Un gars essayait de gagner sa vie et, maintenant, il agonise sur le sable : « J'voulais qu'ma vie ait un sens / Et j'crève pour qu'on roule à l'essence / Ils l'auront pas au Paradis / Tout l'or noir au fond du puits / Ma grenade dégoupillée / Va tous les éparpiller / Le drapeau et les grands chefs / Le pétrole et les bénefs ».
Faisant se frotter deux langues – et encore plus de réalités opposées –, il maudit avec ferveur : « God bless you / God bless you / Que Dieu vous blesse ».
Dans Bless(e) You de Babel on entend l’ampleur des inspirations de Ferré ou de Thiéfaine, la hargne navrée d’IAM, le sens romanesque de Dionysos, l’attention au monde de Lavilliers ou de Tryo…
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